Ecologie : Arrêtez de nous polluer et Ne nous footons pas du monde ! par Sophie de Menthon
Sophie de Menthon s’insurge contre les injonctions pléthoriques et souvent contradictoires censées servir la cause écologique. Sans parler de la multiplication des différents “pass” et “chèques” inventés par le gouvernement.
Mais qui n’en a pas par-dessus la tête des semonces, des menaces, des amendes, des avertissements, des agressions, des hystéries et des représailles au nom de la planète ? A entendre les imprécateurs, nous sommes tous individuellement responsables : ici, en France, chez vous, d’un réchauffement planétaire, du CO2, des particules fines, des gaz à effet de serre, de la pollution des mers et j’en passe ! On va jusqu’à accuser le président de la République de « manquement dans la lutte contre le réchauffement climatique ». On est tombé sur la tête. Nous vivons entre nouveaux impôts et culpabilité multi-sectorielle.
Alors oui, l’été a été chaud ! Oui réchauffement il y a, oui l’activité humaine a sa part de responsabilité. Mais STOP ! d’abord félicitons-nous, car en France nous sommes exemplaires par rapport au reste du monde. La Chine, l’Inde, les États-Unis ont un poids prépondérant (99%) dans cette fameuse agression de la planète et du climat.
On ne peut pas continuer à se ronger les ongles devant nos poubelles pour savoir dans laquelle on met la barquette plastique recyclable (pas dans le bac papier parce qu’elle est souillée par des déchets alimentaires, mais pas dans les déchets biodégradables…) alors que l’Inde ressemble à une poubelle à ciel ouvert. Alors oui, il faut continuer nos efforts mais en cessant aussi les injonctions contradictoires. Nous devons, par exemple, relocaliser nos industries et nos entrepreneurs s’y appliquent, sauf qu’à l’occasion des Jeux Olympiques en France on sous-traite des millions de « mascottes » en Chine !? Il paraît que nous ne savons pas faire, mais depuis le temps que les Jeux Olympiques sont annoncés, nos industriels avaient le temps de trouver de solutions, eux ! Une gifle au passage à tous les industriels français. Ces mêmes industriels sont les seuls qui trouveront toutes les solutions pour améliorer le sort de la planète, sauf que lorsqu’ils veulent s’installer et relocaliser dans une région française, contrôles et interdictions de toutes sortes leur tombent dessus, écolos en tête, le doigt sur la gâchette et puis on n’en veut pas dans notre commune…
Alors, pour nous remonter le moral en berne au volant de notre voiture polluante, nous fustigeons les jets privés, on les trace, on les espionne et c’est très agréable car cela renforce notre anticapitalisme primaire et notre détestation des riches.
Heureusement, le gouvernement a eu une idée de génie de plus : « le Pass carbone » (sans E à cause du franglais). En France, on pollue paraît-il mais on a des idées énergétiques : dès qu’il y a une petite usine à gaz à monter nous sommes les meilleurs. Le principe de base est de diviser les Français, entre ceux qui doivent payer et ceux qui ne doivent pas ; si l’on arrive bien à discriminer on compense alors avec une ribambelle de « chèques » sur mesure.
Il y a le chèque énergie prévu pour la fin d’année (gaz électricité chaleur), le chèque alimentaire (le seul qui ne soit pas sans provisions !), le chèque fioul ; pour les hommes déconstruits, il y a la prime réparation pour réparer les appareils ménagers sans oublier « l’aide chauffage, bois, pellets » (en plus du chèque fioul et du chèque énergie), « MaPrimeRénov’» (prime branchée), pour la transition énergétique est une bérézina totale tant c’est compliqué à mettre en place ; sans oublier la prime de rentrée scolaire, la prime de Noël, la prime d’activité (car il faut quand même bien récompenser ceux qui reprennent du boulot en gagnant moins qu’à Pôle Emploi). On attend bientôt la prime des primes ? Ce qui ne nous empêche pas de déprimer.
Il faut surtout éviter que certains ne revêtent leurs gilets jaunes (il y a du plastique dans la fabrication du gilet). Le principe des primes est avant tout une antidote gilet jaune. C’est d’ailleurs grâce aux Gilets jaunes que nous venons d’éviter la limitation de vitesse sur les autoroutes à 110 km/heure ; à notre grand étonnement, la Première ministre a dit renoncer à la contrainte (sic), une première.
Alors oui, il faut bien sûr faire preuve d’une sobriété énergétique mais il faut arrêter de démotiver les Français, de faire peser sur eux la responsabilité de tous les désastres ; ni responsables ni coupables, simplement concernés ! Sachons résister à « l’obscurantisme vert»[1] et à l’inflation du manque de bon sens.
Sophie de Menthon s’étonne que ce qui est accepté et appliqué avec succès dans le domaine du football, ne le soit pas dans les domaines de la politique et de la réforme de l’Etat.
Tous étaient contagieux et tous étaient atteints : la fièvre du ballon rond a gagné d’intensité jusqu’à la finale au point d’avoir besoin d’être soumis à un lavage de cerveau médiatique pendant des semaines ; on nous a tenu au courant heure par heure de tout ce qui pouvait avoir un rapport quelconque avec les matchs ; les droits de l’homme balayés par les droits du foot, sans vergogne. On a rangé les remords au vestiaire: « C’était avant qu’il eût fallût s’indigner, maintenant c’est tout bon ». Le président a même félicité le Qatar d’une si bonne organisation, on en est presque à trouver tout cela écolo et un modèle de ressources humaines… Nous avons tremblé à l’idée de la grippette qui gagnaient nos messieurs musclés, vulnérables comme sur le champ de bataille où ils se tordent de douleur au point que nous les croyons très grièvement blessés, frimant en espérant que l’on croit à la faute… jusqu’au moment où ils se relèvent en claudiquant pour ensuite sprinter brillamment (cela me fait penser à mon chien lorsqu’il fait semblant d’avoir mal). Des surhommes idolâtrés mais comme tous les hommes : fragiles (je n’ai pas dit douillés). Nous avons protesté comme dans une cour de récré quand un perfide du camp opposé fait un croche-patte et que le maître d’école (on appelle ça : arbitre) n’a même pas vu que c’était l’autre qui était coupable. On s’est agacés quand nos Bleus couraient moins que les petits hommes verts et rouges marocains, mais deux bons coups de pieds bleus ont été très efficaces, rien à dire, et Hop ! On gagnait la demi-finale. Et puis nous sommes terriblement sportifs puisque de l’aveu du ministre de l’Intérieur même « Beauvau muscle le dispositif pour la finale », si ce n’est pas rassurant ça !
Les chefs d’entreprise ont tous admiré le manager Didier Deschamps obéi par ses troupes au doigt et à l’œil ; notons que nous serions tous aux prudhommes si on gérait comme ça nos salariés et si on mettait un commercial sur le banc de touche pour en prendre un meilleur ! Même Macron lui a demandé des conseils au vestiaire, sachant que, comme ils se sont dit qu’il faut être avant tout un bon sélectionneur, en foot comme en politique, le président Macron en mettrait bien quelques-uns sur le banc de touche car certains ministres ont l’air de ne pas bien maitriser les « coups francs ».
Sophie de Menthon s’étonne que ce qui est accepté et appliqué avec succès dans le domaine du football, ne le soit pas dans les domaines de la politique et de la réforme de l’Etat.
Tous étaient contagieux et tous étaient atteints : la fièvre du ballon rond a gagné d’intensité jusqu’à la finale au point d’avoir besoin d’être soumis à un lavage de cerveau médiatique pendant des semaines ; on nous a tenu au courant heure par heure de tout ce qui pouvait avoir un rapport quelconque avec les matchs ; les droits de l’homme balayés par les droits du foot, sans vergogne. On a rangé les remords au vestiaire: « C’était avant qu’il eût fallût s’indigner, maintenant c’est tout bon ». Le président a même félicité le Qatar d’une si bonne organisation, on en est presque à trouver tout cela écolo et un modèle de ressources humaines… Nous avons tremblé à l’idée de la grippette qui gagnaient nos messieurs musclés, vulnérables comme sur le champ de bataille où ils se tordent de douleur au point que nous les croyons très grièvement blessés, frimant en espérant que l’on croit à la faute… jusqu’au moment où ils se relèvent en claudiquant pour ensuite sprinter brillamment (cela me fait penser à mon chien lorsqu’il fait semblant d’avoir mal). Des surhommes idolâtrés mais comme tous les hommes : fragiles (je n’ai pas dit douillés). Nous avons protesté comme dans une cour de récré quand un perfide du camp opposé fait un croche-patte et que le maître d’école (on appelle ça : arbitre) n’a même pas vu que c’était l’autre qui était coupable. On s’est agacés quand nos Bleus couraient moins que les petits hommes verts et rouges marocains, mais deux bons coups de pieds bleus ont été très efficaces, rien à dire, et Hop ! On gagnait la demi-finale. Et puis nous sommes terriblement sportifs puisque de l’aveu du ministre de l’Intérieur même « Beauvau muscle le dispositif pour la finale », si ce n’est pas rassurant ça !
Les chefs d’entreprise ont tous admiré le manager Didier Deschamps obéi par ses troupes au doigt et à l’œil ; notons que nous serions tous aux prudhommes si on gérait comme ça nos salariés et si on mettait un commercial sur le banc de touche pour en prendre un meilleur ! Même Macron lui a demandé des conseils au vestiaire, sachant que, comme ils se sont dit qu’il faut être avant tout un bon sélectionneur, en foot comme en politique, le président Macron en mettrait bien quelques-uns sur le banc de touche car certains ministres ont l’air de ne pas bien maitriser les « coups francs ».
Le football dépasse tous les autres enjeux de société, faut-il s’en réjouir ?
Plus sérieusement, même lorsque nous savourons une victoire, ce qu’il y a de terrible, c’est que notre pays n’a le sentiment de « faire nation » que lors de matchs internationaux, c’est le nouveau vivre ensemble ! En revanche voter ne nous mobilise pas, la République n’est plus qu’un élément de langage politique et la nation serait composée, donc composée exclusivement de supporters… Une idée à méditer peut-être pour les partis politiques qui ne sont autres que des équipes rivales avec le 49.3 comme carton rouge.
Certes, la veille nous avons eu l’élection de Miss France, un autre défi intellectuel difficile à trancher et à déconstruire, et qui réunit les Français, au moins on ne se bat pas dans les rues après l’élection. Pourrait-on être populaires et unis sur des thèmes un peu plus prometteurs et valorisants ?
Il est vrai que le football est une possibilité de s’évader surtout pour des populations sous le joug d’une dictature et il y en a plus que l’on ne veut bien le croire.
Rien n’a donc changé : « panem et circenses », aujourd’hui pour les jeux ça va, mais c’est pour le pain que cela va être plus difficile. Des boulangers ferment et le prix de la baguette augmente, César maitrisait mieux la chose. Alors certes l’Argentine a gagné après une finale remarquable où nous n’avons pas eu à rougir des Bleus. Espérons que la France va enfin gagner les tirs au but de sa nécessaire réforme, quand faut y aller, faut y aller. Mettons de côté la déception, et franchement l’humanisme peut aussi faire cocorico et reconnaitre avec fair-play que ce pays avait besoin du trophée mondial plus que nous, il doit panser ses plaies : un choc inflationniste, la misère pour 7,5 millions de personnes, un mal que personne n’arrive à endiguer, alors si cette victoire est perçue comme une victoire divine pour eux, tant mieux… Il fallait s’en douter avec le Messi qui s’en mèle! Un beau cadeau de Noël qui devrait nous inciter à nous réjouir avec générosité et sans rien casser… Et là, on pourrait être fiers de la France, d’une autre façon.
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