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Affichage des articles du mars, 2023

"Un Village français" chef d'oeuvre presque j'usqu'au bout ... par Philippe Bilger et Histoire de Pomme par Sophie Bachat

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    À peine ai-je écrit ce titre que je le regrette, comme si la moindre réserve pour cette exceptionnelle série qu’a été “Un village français” était choquante… Alors qu’à la réflexion, la septième et dernière saison, surprenante, infiniment sombre, apparemment déconnectée des précédentes, est cependant d’une implacable logique par rapport à la psychologie des personnages principaux ; la déception qu’elle peut immédiatement susciter est vite battue en brèche et corrigée. J’ai eu du retard, je le concède. Pourtant, souvent, j’ai entendu des amis, des parents, des connaissances, me vanter cette série française, mais je nourrissais un léger doute sur la capacité de nos scénaristes à réussir la chronique d’une sous-préfecture sous l’occupation. Les premiers épisodes ont été tournés à l’automne 2008 et le dernier des 72 épisodes a été diffusé le 30 novembre 2017. Quand en février-mars, je me suis enfin décidé à regarder “Un village français” , je suis tombé d...

Splendeurs et Misères du Parlement de Paul Rafin et un héroïsme par Jacques Aboucaya

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  Les bruyantes manifestations qui ont agité les bancs de l’Assemblée nationale à l’annonce du 49.3 censé entériner la réforme des retraites étaient prévisibles. Depuis des mois, l’hémicycle est un théâtre de bouffonneries indignes de son histoire. C’est aussi devenu, malheureusement, une chambre dédaignée par l’exécutif. « Raisonner là où il faut sentir est le propre des âmes sans portée » , écrivait Balzac en son temps. Cette sage maxime, les élus du moment et les ministres en poste, à qui l’on reproche trop souvent leur propension à une certaine technocratie , feraient bien de s’en inspirer plus souvent. Pourtant, Sentir les aspirations profondes d’une nation, n’est pas tant difficile : il suffit d’ouvrir grand la fenêtre de la tour d’ivoire, de pencher la tête, et de lire les slogans des manifestants qui déambulent dans les rues de toutes les villes de France, depuis maintenant des semaines, des mois, voire des années. Nulle «  poloc...

Comment on oublie les écrivains de Jérôme Leroy et Il aurait fallut Flaubert pour décrire la bordelisation de l'Assemblée par Isabelle LARMAT

Qui se souvient de Roger Vercel? De passage à Saint-Enogat, faubourg de Dinard, sur la côte d’Émeraude autrefois célébrée par des pages lumineuses de Céline dans son Féérie pour une autre fois , j’ai retrouvé la plaque indiquant la maison où il avait vécu jusqu’à sa mort en 1957. Une plaque qui précise juste, en matière de biographie, qu’il a eu le prix Goncourt en 1934. J’en avais envoyé la photo il y a quelques années à un ami aujourd’hui disparu qui aimait beaucoup Roger Vercel, comme il aimait beaucoup Mac Orlan ou Edouard Peisson, ces “romanciers de la mer” comme il y avait, à l’époque, des “romanciers catholiques” dont Mauriac, le contemporain de Vercel, fut le plus bel exemple. La villa de Roger Vercel, élégante mais sans les excès d’un certain baroquisme balnéaire si présent à Dinard et Saint-Enogat, baroquisme pas désagréable au demeurant, est toujours là. En revanche, la postérité de Vercel, elle, n’est pas revenue. Si on en juge par la facilité avec laquelle on ...