Pas fanatique de la notion de parité par Philippe Bilger et les Rosbifs et les Froggies par Camille Apollonia-Narducci

Le féminisme au détail comme le masculinisme !


Je sais qu’on risque le pire si on ne se déclare pas fanatique de la notion de parité. Pour ma part, elle m’a toujours gêné non pas à cause d’une quelconque misogynie mais au contraire parce qu’elle prétend apposer sur l’immense champ des possibles, des virtualités, des dons et des compétences un quadrillage qui mécaniquement proposerait une approche quantitative au lieu d’une appréciation qualitative.

La parité, c’est pas perdu pour tout le monde…

Un exemple gouvernemental m’est apparu très signifiant parce qu’il a montré à quel point le dogme était l’ennemi du bon sens. François Hollande président, on nomme par raccroc Christiane Taubira garde des Sceaux parce qu’elle était une femme et qu’il convenait d’avoir une égalité parfaite dans le gouvernement entre les hommes et les femmes. La conséquence de ce choix calamiteux est qu’on s’est privé d’un homme, André Vallini, à qui le poste avait été promis et qui aurait été fait pour lui.

 

LES ROSBIFS

 

Les Anglais ont fort peu le respect du grand homme. Dès que la guerre, fut finie, ils ont renvoyé Churchill chez lui et ont élu le médiocre Clement Atlee, parce que le sang, la sueur et les larmes, ça commençait à bien faire. Ils s’appuient prioritairement sur un mythe territorial : personne ne les a jamais envahis — sauf les Celtes, les Vikings, les Saxons, les Normands, mais bon, tout ça c’est vieux, depuis le XVIe siècle et le vent mauvais qui a envoyé par le fond l’Invincible Armada, personne n’est venu les narguer dans leur île, ni les Français débarqués imprudemment en Irlande en 1798, ni les troupes massées par Napoléon à Boulogne pendant le Blocus continental, ni les Prussiens de Guillaume, ni les Allemands d’Hitler. Intouchés pendant cinq siècles, cela vous refait une virginité.

Et ce mythe-là, ils s’y accrochent encore — c’est ce qui a fait basculer les électeurs du côté du Brexit. Bruxelles avait tenté de débarquer chez eux.

De la même manière, le Commonwealth reste pour eux, malgré l’indépendance accordée à tant de nations conquises, un mythe fonctionnel. Il y a tant d’Indiens et de Pakistanais en Angleterre qu’ils peuvent croire de bonne foi que ces pays lointains sont encore des colonies.

Et côté morale, ils affirment haut et fort qu’ils sont les premiers à abolir l’esclavage et la traite transatlantique — quand en fait, explique Julian Barnes, ils ont été les premiers à importer des Noirs aux Amériques — dès le début du XVIIe siècle.

 

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