OUF ! Les vacances sont finies par Sophie de Menthon et Connemarra une chanson d'extrème-droite ? par Zoé Valdès
Aujourd’hui, qu’est-ce qui est pire? La rentrée ou les vacances? La chronique de Sophie de Menthon.
C’est bien l’une des premières fois que, discrètement, on se réjouit un peu de la rentrée ! Et à propos de rentrée revient le marronnier incontournable de la prime de remboursement des fournitures scolaires ; ça rassure car cela fait 10 ans que l’on dit la même chose : trop élevée, pas assez, mal utilisée, on achète des portables avec, etc.
A moins que vous n’ayez été dans une île déserte sans possibilités d’accès à l’information, sachez que ce fut l’été de toutes les catastrophes ; du moins a-t-on choisi de nous les présenter à l’exclusion de toute autre information non dramatique. Parce que c’est bien beau de critiquer les médias mais encore faut-il résister aux alertes de son portable, à la tentation d’appuyer sur un bouton pour obtenir des infos ou encore d’acheter son journal ; j’allais dire « son JDD », horreur ! Les mêmes défenseurs de Charlie Hebdo sont prêts à tout pour mettre à l’index « notre » journal du dimanche, c’est quand même à nous lecteurs de juger, non ? On nous prend pour des imbéciles incapables de choisir ce qu’ils pensent et ce qu’ils veulent trouver dans leur journal, et vous vous rendez compte ! Il y a une ministre « Renaissante » qui s’est adressée aux lecteurs dès le premier numéro d’après grève ; or, c’est bien connu, le gouvernement ne doit parler qu’aux lecteurs politiquement corrects et l’on ne sait pas qui va acheter le nouveau JDD ; suspense… extrême !
Si je reparle de cela, c’est que ce fut notre feuilleton de l’été le moins pire, car la menace est quand même faible. Donc, en cette fin d’été, estimez-vous heureux si vous avez échappé aux incendies ravageurs de maisons, d’immeubles, de quartiers entiers et de feux de forêts. Échappé aux agressions multiples et variées, le viol avec manche à balai nous a traumatisé, mais ce qu’il faut dénoncer aussi, n’est-ce pas la curiosité morbide pour ce viol ? Et le voyeurisme concernant les gens qui se noient dans les baïnes. La propension à ne nous intéresser qu’au sordide et au tragique est inquiétante. Il faut un regard extérieur comme celui de The Economist pour nous voir en tant que pays qui ne va pas si mal… Mais dans nos media c’est le comble : les bonnes nouvelles sont traitées comme des mauvaises. Par exemple, on apprend que la France est le troisième pays au monde qui compte le plus de millionnaires et c’est à cause de l’immobilier. Donc ça ne compte pas et si pour certains cela compte, c’est scandaleux, mort aux millionnaires !
Et puis il y a les drames people qui nous bouleversent, comme le crash d’un avion privé (devant la tristesse collective, Sandrine Rousseau n’a pas osé flinguer les victimes parce qu’ils avaient pris un avion contribuant ainsi à l’augmentation de CO2, mais ça devrait venir). Vous avez donc échappé à la canicule ou au froid de novembre pour ceux qui n’étaient pas visés par ladite canicule (discrimination régionale ?). Vous n’étiez pas à Marseille à compter les victimes du trafic de drogue, vous n’avez pas été emporté par une vague tueuse, échappé à l’amende parce que vous vous étiez en train de vous baigner alors qu’elle pouvait arriver, vous avez de la chance.
Si vous regardez la météo sur France 2 c’est du dur ! On élève le débat et c’est du réchauffement climatique de la planète entière dont on vous parle : l’intensité monte, c’est terrible, il s’agit de nous angoisser à mort sur toutes les conséquences météorologiques, cela semble la ligne directrice de la chaine, à moins qu’il ne s’agisse d’une satisfaction perverse des journalistes préposés aux désastres planétaires ? Et ce, tous les soirs à 20h, on ne nous propose aucune solution sauf d’arrêter de vivre.
Décidément chanceux, vous n’étiez pas non plus dans un de ces campings régulièrement évacués pour intempéries. Pas d’accident de la route (touchez du bois) ni d’embouteillages monstres dont on ne vous a rien caché. Le reporter micro en main, d’une voix passionnée et anxieuse, pose à l’automobiliste à l’arrêt accoudé à sa fenêtre, cette question existentielle : « …et ce n’est pas trop long cet embouteillage ? » (Pensez-vous ! 8H pour 100 km, c’est tout bon) et l’heureux interviewé de répondre invariablement, sourire niais à l’appui, « Ben non, y’a les vacances au bout … ». Pour le retour, aurons-nous le même enthousiasme : « Non, y’a le boulot au bout » ? Voilà qui augure bien du prochain sujet : le nouveau rapport au travail dont personne ne sait ce qu’il est, mais on va nous le dire à Matignon ! C’est peut-être cela la surprise promise du chef de l’État ?
Par miracle, votre dernier né n’a pas souffert de bronchiolite parce qu’il aurait fallu le transporter à 150 km de Paris, car on a des lits mais pas de soignants (c’est comme : pas de pétrole mais des idées, on se demande lesquelles). Les professionnels invités des plateaux anticipent le désastre de l’automne sur le thème « que fera-t-on lors de la prochaine épidémie ? » Le comble, on agresse les médecins qui restent et bossent encore à 79 ans, nous avons tous versé une larme indignée sur le visage tuméfié (on n’a pas pu échapper à cette image traumatisante pendant trois jours) du bon docteur qui a été agressé parce qu’il a refusé un arrêt de travail… et que le coupable n’a juste pas le droit d’approcher à nouveau sa victime ! Faut dire que le mobile est solide, alors que les arrêts de travail ont augmenté de 20% ces derniers mois, sur Twitter il parait que l’on comprend l’agresseur !
Vous avez également échappé aux urgences ; quand on y est, il parait que l’on on y passe le reste de ses vacances. Pour le reste, avouez-le, on avait un peu lâché l’Ukraine, le temps de se détendre, mais voilà-t-il pas que c’est l’Afrique qui cause soucis … ma voisine de plage me l’a dit, en se remettant de l’écran total : « À la rentrée, on va avoir le début de la troisième guerre mondiale, c’est sûr! Alors, faut profiter » a-t-elle ajouté avec la moue désabusée de la sagesse. Quand on nous annonce que « La rentrée va être compliquée », c’est une litote.
La chanteuse, Juliette Armanet, a « fait le buzz » en exprimant sa détestation d’une chanson de Michel Sardou. La France, qui commence à connaître des tentatives d’une certaine gauche pour censurer la culture, devrait tirer les leçons de l’expérience cubaine après 60 ans de tyrannie communiste. Tribune de la romancière et poétesse cubaine, Zoé Valdés.
Je ne sais pas qui est Juliette Armanet, véritable censeuse,
que je n’avais pas eu la chance d’écouter jusqu’à présent, bien que je
sache qui est Michel Sardou. Depuis longtemps, je fredonne Sardou comme
la plupart des Français et tous ceux, dans le monde, qui connaissent son
répertoire extraordinaire (j’ai même écrit pour lui un petit poème que
je chantonne encore aujourd’hui). Je peux dire, en respectant les
distances linguistiques minimales, que Michel Sardou est à peu près à la
variété française ce que Meme Solís est à la musique cubaine : plus
qu’une simple référence, il représente un artiste sans âge, un immense
créateur intemporel. Tandis qu’à Cuba, le peuple, fatigué d’écouter des
hymnes communistes aux rythmes tropicaux, a commencé à revaloriser Meme
Solís, censuré jusque-là par les autorités, en France on commence à
subir la cancellation woke-communiste. Cette censure est donc
quelque chose que nous, les Cubains, nous ne connaissons que trop bien.
Souvenez-vous de ce qu’écrivait Reinaldo Arenas : « Les Cubains viennent du futur ».
Tout ce qui peut vous arriver aujourd’hui face aux extrémistes de
gauche, nous en avons déjà souffert. Après toutes ces années.
Cette chanteuse, dont je n’ai pas encore tout à fait appris le nom, parce qu’il ne m’est pas familier, a déclaré qu’elle déteste « Les Lacs de Connemara ». Qu’est-ce qu’elle a à nous offrir à la place ? Ecoutez sa chanson « Boum boum baby » dont le langage trivial est dénoué de toute poésie, et c’est d’autant plus apparent quand c’est traduit en espagnol. Juliette Armanet ferait bien de prendre des cours de chant et de composition avec Michel Sardou. Mais elle ne le fera pas, car d’après elle, sa musique est d’« extrême droite », et cela suffit pour le disqualifier sur le plan moral.es de censure, la musique de Meme Solís commence à connaître enfin un renouveau. Nous avons appris que les premiers à tenter de censurer les artistes sont d’autres artistes, médiocres et envieux.
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